Dans les Dunes

Perles de verre de Murano, filées au chalumeau par Hélène dans une cabane face à la mer, au sud de la Corse.

La matière

Une baguette de verre.

Du verre Effetre, fondu à Murano dans la lagune de Venise. La couleur n'est pas posée dessus : elle est dans la masse, d'un bout à l'autre.

La flamme

1 000 °C.

« J'aime le moment où la baguette s'amollit et se met à couler comme du miel épais. »
Les mains d'Hélène tiennent une baguette rose dans la flamme du chalumeau.
À l'établi, un matin de septembre.

Le mandrin

Tourner sans cesse.

« On ne peut pas s'arrêter, on ne peut pas revenir en arrière, il faut tourner sans cesse pour que la gravité ne gagne pas. »

Le verre s'enroule autour d'une fine tige d'acier. Personne ne sculpte : c'est la rotation qui arrondit.

Le mandrin tenu dans la flamme bleue du chalumeau, au-dessus de l'établi.

Le décor

Un fil de couleur.

Posé sur une surface qui bouge encore. Frittes, poudres, paillettes, feuille d'or : pour faire un décor, ou pour accrocher la lumière.

Le four

Vingt heures à 500 °C.

La perle redescend lentement. Cette étape ne se voit pas et ne se saute pas : c'est elle qui rend le verre solide pour des années.

Ça prend le temps que ça prend.

La perle

Sa vraie couleur remonte.

« Les couleurs que je pose sur mes perles, je les ai vues le matin sur le sable et dans la mer. »Hélène

Rarement deux pareilles.

« Toutes mes perles sont uniques. Rarement deux pareilles. Et faites avec passion. »

Hélène

Hélène dans l'atelier, un bouquet de fleurs des champs dans les bras.

Hélène

Peintre d'abord. La flamme ensuite.

Ce qui l'a attrapée, c'est la transparence et la couleur. Un maître verrier de Douvaine, en Haute-Savoie, lui a montré la flamme pour la première fois. C'était il y a dix ans, et elle n'a plus arrêté.

Avant, elle peignait. À l'huile, en grands formats : la mer, les poissons, les reflets de la lune sur l'eau. Elle a exposé en Guadeloupe. Elle peint toujours. De cette vie-là, elle a gardé une chose qui lui sert tous les jours devant le chalumeau : l'usage de la couleur pure.

La peinture laisse revenir dessus le lendemain. Le verre, non. Une fois la baguette dans la flamme, la matière coule et il faut décider tout de suite.

Une matinée

Elle s'installe vers neuf heures et tient jusqu'à midi, avec une pause vers dix heures et demie. C'est le moment où la lumière est la meilleure dans l'atelier.

Pas de musique. « Les cigales sont ma musique préférée. Et quand elles ne chantent pas, c'est les oiseaux. »

Elle fond, façonne, recuit, assemble, emballe. Il n'y a pas de deuxième atelier, pas de sous-traitance, pas de perles achetées et remontées. Le catalogue reste court pour cette raison.

Hélène sourit derrière ses lunettes violettes, une perle dans la flamme du chalumeau.

J'aime le moment où la baguette s'amollit et se met à couler comme du miel épais. On ne peut pas s'arrêter, on ne peut pas revenir en arrière. C'est la seule chose que je fais qui m'oblige à être entièrement là.

Hélène, qui se dit « bricoleuse de petits plaisirs »

L'atelier

Une cabane face à la mer.

Hélène sur le seuil de la cabane en bois brûlé, sous les arbres.
Bâtie au feu Quinze mètres carrés en bois brûlé, à la japonaise : les planches passées à la flamme tiennent des décennies sans traitement. Une cabane bâtie au feu pour abriter du feu.
L'établi de montage devant la fenêtre ouverte sur les arbres, dans la lumière du matin.
Deux fenêtres, sud-est On voit la mer et les arbres. C'est le matin que la lumière est la meilleure, et c'est le matin qu'elle travaille. L'été, il fait trop chaud pour allumer le chalumeau.
Les lunettes violettes posées sur la plaque d'acier, devant les outils et les bocaux de poudres.
Les lunettes violettes Des verres de didyme, qui coupent le flash orange du sodium dans la flamme. Sans elles, on ne voit littéralement pas ce qu'on est en train de faire.
Le poste de travail : le chalumeau sur sa plaque d'acier, l'étagère de bocaux de poudres et les verres remplis de baguettes.
Le chalumeau Un Nortel Minor, incliné sur une plaque d'acier. Gaz d'un côté, oxygène de l'autre : une flamme assez chaude pour fondre le verre, assez fine pour poser un fil de couleur. Dans les bocaux, les frittes et les poudres : du verre concassé, trié par teinte.
Des tubes empilés en nid d'abeille, remplis de baguettes de verre classées par couleur.
Rangées par couleur Les bleus ensemble, du ciel au marine. Les ambres, les ivoires, les rouges. Les bouts devenus trop courts ne sont jamais jetés : il lui arrive d'en inclure dans une perle.
Un cadre grillagé traversé d'une branche de bois flotté, couvert de porte-clés et de boucles d'oreilles.
Le présentoir Un vieux cadre monté de grillage, une branche de bois flotté en travers. Les pièces finies y attendent, accrochées côte à côte.
Sur l'établi : un présentoir de bracelets, du verre poli par la mer, des coquillages et des stylos.
Sur l'établi Du verre poli par la mer, des coquillages, du bois flotté. Les bouchons et les stylos, alignés.

Ce qu'on entend

Le concentrateur d'oxygène, en fond. Le souffle du chalumeau. Les oiseaux, et les cigales quand c'est leur saison. Rien d'autre.

Pas de boutique ouverte au public. Si vous êtes en Corse et voulez voir travailler la flamme, écrivez : selon la période, une visite est parfois possible.

Le verre

La matière vient de Murano. La perle est faite en Corse.

Vu de très près, l'intérieur d'une perle rouge : des rubans de verre rouge et ambre pris dans la masse transparente.

Des baguettes, de la longueur d'un avant-bras

Des tiges pleines, produites dans la lagune vénitienne. Hélène travaille essentiellement l'Effetre, l'une des verreries de Murano. La teinte est dans la masse : la lumière traverse et ressort de l'autre côté, plus dense là où le verre est épais, plus claire là où il est mince. Dix ans plus tard, la couleur est la même, parce qu'il n'y a pas de couche à user.

Pourquoi la lagune

En 1291, Venise a repoussé ses fours sur l'île de Murano pour éloigner le risque d'incendie. Pendant des siècles, les verriers n'ont eu ni le droit d'exporter leurs recettes ni celui de quitter l'île. Ce huis clos a affiné des formules de couleur sur des générations.

Les verres de Murano destinés au chalumeau partagent aussi un même coefficient de dilatation : deux couleurs chauffées ensemble se rétractent au même rythme, et la perle ne se fend pas en refroidissant.

Le nom des couleurs

Sur les tubes, elles ne s'appellent pas « bleu » ni « rouge ».

  • Rubis à l'or
  • Carnival
  • Sea anemone
  • Razzelberry
  • Prometheus
  • Violet or

Les rouges et les jaunes sont capricieux : s'ils restent trop longtemps dans la flamme, la couleur part. Celles qu'elle aime retrouver, ce sont les noires aux reflets irisés.

Ce que « verre de Murano » veut dire ici

La marque collective Vetro Artistico® Murano est réservée aux objets fabriqués sur l'île elle-même. Ces pièces n'y ont pas droit et ne la revendiquent pas. Ce qui est garanti est plus étroit, et vérifiable : les baguettes sont produites dans la lagune, et le travail de la flamme est fait en Corse, par une seule personne.

Créations

Bijoux, et objets de tous les jours.

Boucles d'oreilles, bracelets, colliers et parures. Et des objets qu'on ne cherche pas chez un bijoutier : bouchons, décapsuleurs, tire-bouchons, porte-clés, stylos. Chaque pièce est faite une fois. Celles-ci sont passées par l'atelier ; pour savoir ce qui est disponible, écrivez à Hélène.

    Entretenir une perle filée

    • Évitez les chocs violents. C'est le seul vrai risque pour une perle filée.
    • Rincez à l'eau claire après la plage ou la piscine, séchez avec un chiffon doux.
    • Rangez les pièces séparément : deux perles qui frottent finissent par se rayer.
    • Retirez les bracelets élastiques sans les étirer au maximum : l'élastique se fatigue avant le verre.

    « Avec le verre, la perfection n'existe pas. On ne maîtrise pas toujours ce que l'on veut faire — mais ça donne toujours de jolies choses. »

    Hélène

    Écrire à Hélène.

    Une pièce vous plaît, vous cherchez un cadeau, vous passez en Corse et voudriez voir la flamme : écrivez. C'est elle qui répond, en général sous deux jours.

    Ou directement : contact@danslesdunes.fr

    Pièce unique. Elle est peut-être déjà partie : demandez à Hélène.

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    Hélène Ferretjans, entrepreneur individuel, nom commercial « Dans les Dunes ».
    Route de Tizzano, 20100 Sartène, France.
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    E-mail : contact@danslesdunes.fr · Téléphone : 06 24 49 80 19

    Responsable de la publication

    Hélène Ferretjans.

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